Révisé médicalement par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris — RPPS 10100674943. Dernière révision : juillet 2026.
Le traitement du double menton ne se choisit pas au hasard : il dépend de la structure anatomique en cause. L’empâtement sous-mentonnier peut résulter d’une accumulation graisseuse, d’un relâchement de la peau, du muscle platysma ou de la forme du menton et de la mandibule. Selon le profil, la réponse adaptée sera une lipoaspiration cervicale, une radiofréquence subdermale, une chirurgie du platysma, un lifting ou une correction squelettique. L’examen clinique est l’étape essentielle pour éviter un traitement insuffisant ou inadapté.
EN BREF
Le double menton a quatre causes possibles : la graisse, la peau, le muscle platysma et le support osseux (menton, mandibule, os hyoïde).
- Graisse isolée avec peau tonique → lipoaspiration cervicale ciblée.
- Graisse associée à un relâchement cutané modéré → SNEC Lift (lipoaspiration + radiofréquence subdermale, sans cicatrice visible).
- Bandes platysmales → platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting cervico-facial.
- Menton peu projeté → implant mentonnier ou génioplastie. Le résultat se consolide entre 3 et 6 mois ; de nombreux gestes sont réalisables sous anesthésie locale.
RÉPONSE COURTE
Selon le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris, le traitement du double menton dépend de sa cause anatomique. Une graisse localisée avec une peau tonique relève d’une lipoaspiration cervicale. Si la peau est relâchée, une remise en tension par radiofréquence subdermale est associée dans le même temps (SNEC Lift). Les formes musculaires ou squelettiques relèvent d’une chirurgie du platysma ou d’une correction du menton. Seul l’examen clinique détermine la stratégie.
DÉFINITION — QU’APPELLE-T-ON « DOUBLE MENTON » ?
Le double menton, ou excès sous-mentonnier, désigne un empâtement de la région située entre le menton et le cou, qui efface l’angle cervico-mentonnier — l’angle formé par la ligne du menton et celle du cou, repère majeur de la définition du profil. Il peut être d’origine graisseuse, cutanée, musculaire ou squelettique, et n’est donc pas toujours lié au poids.
POURQUOI PUIS-JE AVOIR UN DOUBLE MENTON EN ÉTANT MINCE ?
Parce que la graisse n’est qu’un des quatre facteurs. Un menton peu projeté, un os hyoïde bas, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil sous-mentonnier empâté indépendamment du poids. C’est la raison pour laquelle un régime ou une perte de poids ne corrige pas certains doubles mentons.
L’AUTEUR
Le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier est chirurgien plasticien à Paris (8e arrondissement), qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (RPPS 10100674943), ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris (hôpital Tenon, AP-HP) et membre de la SOFCPRE. Il est spécialisé dans la chirurgie esthétique mini-invasive du visage, du cou et de la silhouette.
Il développe une approche personnalisée du contour cervico-mentonnier associant analyse anatomique, lipoaspiration haute définition et radiofréquence subdermale dans les indications adaptées. Il est le concepteur du SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift), protocole de rajeunissement cervical sans excision cutanée. Conférencier et formateur, il présente ces techniques lors de congrès et de workshops destinés aux médecins, et conduit des travaux cliniques visant à mesurer objectivement la définition de l’angle cervico-mentonnier et la rétraction tissulaire.
Pourquoi le double menton n’est-il pas toujours un excès de graisse ?
C’est le malentendu le plus fréquent, et celui qui conduit aux traitements décevants. Un patient mince peut présenter un double menton marqué, et un patient en surpoids peut conserver un angle cervico-mentonnier net. La quantité de graisse n’explique qu’une partie du problème.
Quatre structures déterminent l’aspect du profil sous-mentonnier : la graisse (superficielle et profonde), la peau et son élasticité, le muscle platysma, et le support squelettique — menton et mandibule. Chacune répond à des traitements différents. Retirer de la graisse chez un patient dont le problème est un menton fuyant ne corrigera rien ; poser un implant mentonnier chez un patient dont le problème est adipeux non plus.
C’est pourquoi la démarche présentée ici part du diagnostic et non de la technique. Avant de choisir une technologie, il faut identifier la structure responsable.
Quelles structures anatomiques déterminent le profil du cou ?
La région sous-mentonnière est organisée en plans superposés. Les comprendre permet de saisir pourquoi une même apparence peut avoir des origines très différentes.

La graisse préplatysmale
Située au-dessus du muscle platysma, juste sous la peau, c’est la graisse la plus superficielle. C’est elle que la lipoaspiration cervicale retire le plus facilement, et c’est sur elle qu’agissent les traitements non invasifs de surface.
La graisse profonde (sous-platysmale)
Située sous le platysma, elle est moins accessible. Son excès contribue à combler l’angle cervico-mentonnier et peut persister après une lipoaspiration superficielle bien conduite. Son traitement relève d’un geste chirurgical spécifique, sous contrôle direct.
Le muscle platysma
Fine nappe musculaire tendue du thorax à la mandibule. Avec l’âge, ses bords antérieurs peuvent se séparer et former des bandes verticales visibles. Il peut aussi se relâcher globalement, ce qui accentue l’aspect empâté du cou. Aucun traitement de la graisse ne corrige une atteinte platysmale.
La peau et son élasticité
La capacité de la peau à se rétracter après retrait de volume est déterminante. Une peau tonique se redrape spontanément. Une peau relâchée reste flottante, et retirer de la graisse sans anticiper ce point aggrave visuellement le résultat.
Le menton et la mandibule
Un menton peu projeté (rétrogénie) ou une mandibule peu marquée réduisent la définition du profil et créent une impression de double menton, même sans excès graisseux. La position de l’os hyoïde, plus
ou moins bas et antérieur, conditionne également la netteté de l’angle cervico-mentonnier. Ces éléments ne se corrigent pas par un traitement des tissus mous.
POURQUOI JE PEUX AVOIR UN DOUBLE MENTON EN ÉTANT MINCE ?
Parce que la graisse n’est qu’un des quatre facteurs. Un menton peu projeté, un os hyoïde bas, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil sous-mentonnier empâté indépendamment du poids. C’est la raison pour laquelle un régime ou une perte de poids ne corrige pas certains doubles mentons.
Les quatre profils anatomiques du double menton

LES QUATRE PROFILS EN UNE PHRASE
Profil adipeux : de la graisse, une peau tonique — lipoaspiration. Profil mixte : de la graisse et une peau relâchée — SNEC Lift. Profil musculaire : des bandes platysmales — chirurgie du platysma. Profil squelettique : un menton peu projeté — correction du support osseux.
Cette grille clinique en quatre profils est proposée par le Dr Stroumza-Escoffier pour structurer l’analyse en consultation. Elle n’a pas valeur de classification scientifique validée : c’est un outil de raisonnement, destiné à identifier la composante dominante avant de choisir un traitement.
Profil 1 — Adipeux à peau tonique
Signes cliniques. Excès graisseux sous-mentonnier isolé, peau élastique qui se rétracte bien au test du pincement (pinch test), absence de bandes platysmales, projection mentonnière satisfaisante. Souvent chez des patients jeunes ou d’âge moyen. Erreur fréquente. Proposer d’emblée une technologie de remise en tension, inutile ici. Traitement principal. Lipoaspiration cervicale ciblée. Alternative. Acide désoxycholique injectable dans les excès modérés, si le produit est disponible et l’indication adaptée.
Profil 2 — Mixte : graisse et relâchement cutané
Signes cliniques. Excès graisseux associé à une élasticité cutanée diminuée, peau qui reste marquée après pincement, angle cervico-mentonnier flou. C’est le profil le plus fréquent après 45 ans. Erreur fréquente. Réaliser une lipoaspiration isolée, qui retire le volume mais laisse une peau flottante et peut aggraver l’aspect. Traitement principal. SNEC Lift — association d’une lipoaspiration cervicale et d’une radiofréquence subdermale, qui traite simultanément la graisse et la rétraction cutanée. Alternative. Lifting cervico-facial si le relâchement dépasse les capacités de rétraction.
Profil 3 — Musculaire : platysma et bandes cervicales
Signes cliniques. Bandes verticales visibles au repos ou à la contraction, relâchement musculaire dominant, graisse parfois modérée. L’aspect s’accentue lors de la contraction volontaire du cou. Erreur fréquente. Traiter la graisse en espérant corriger les bandes — elles resteront, voire deviendront plus visibles après retrait du volume qui les masquait. Traitement principal. Correction chirurgicale du platysma (platysmaplastie), le plus souvent dans le cadre d’un lifting cervico-facial. Alternative. Toxine botulique sur des bandes fines et modérées, avec un effet temporaire.
Profil 4 — Squelettique : menton, mandibule et os hyoïde
Signes cliniques. Menton peu projeté, ligne mandibulaire peu marquée, os hyoïde bas ou antérieur, angle cervico-mentonnier naturellement ouvert. Souvent présent depuis l’adolescence, indépendamment du poids. Erreur fréquente. Enchaîner les traitements des tissus mous sans résultat, faute d’avoir identifié la cause osseuse. Traitement principal. Correction de la projection mentonnière — implant mentonnier ou génioplastie selon le cas. Alternative. Association à un traitement des tissus mous si une composante graisseuse coexiste. Une position basse de l’os hyoïde constitue une limite anatomique qu’aucune technique ne corrige.
LES QUATRE PROFILS EN UNE PHRASE
Profil adipeux : de la graisse, une peau tonique — lipoaspiration. Profil mixte : de la graisse et une peau relâchée — SNEC Lift. Profil musculaire : des bandes platysmales — chirurgie du platysma. Profil squelettique : un menton peu projeté — correction du support osseux.
Tableau : quel traitement pour quel profil ?
Ce tableau récapitule la correspondance entre chaque profil, ses signes cliniques et la stratégie retenue.
| Profil | Signes cliniques | Traitement principal | Alternative |
|---|---|---|---|
| 1. Adipeux, peau tonique | Excès graisseux isolé, peau élastique au pinch test, pas de bandes | Lipoaspiration cervicale ciblée | Acide désoxycholique si excès modéré |
| 2. Mixte : graisse + peau | Excès graisseux + élasticité diminuée, angle flou. Fréquent après 45 ans | SNEC Lift : lipoaspiration + radiofréquence subdermale | Lifting cervico-facial si relâchement dépassant la rétraction |
| 3. Musculaire : platysma | Bandes verticales au repos ou à la contraction | Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting | Toxine botulique sur bandes fines (effet temporaire) |
| 4. Squelettique : menton, hyoïde | Menton peu projeté, mandibule peu marquée, os hyoïde bas | Implant mentonnier ou génioplastie | Association aux tissus mous si composante graisseuse |
Quel traitement choisir ? L’algorithme de prise en charge

L’analyse clinique suit une séquence de questions simples. Chacune oriente vers la suivante, et l’ensemble aboutit à une stratégie. C’est ce raisonnement, et non la disponibilité d’une technologie, qui détermine la proposition thérapeutique.
| Étape | Question clinique | Si oui | Si non |
|---|---|---|---|
| 1 | Existe-t-il un excès graisseux sous-mentonnier ? | Passer à l’étape 2 | Aller directement à l’étape 4 |
| 2 | La peau est-elle tonique au pinch test ? | Lipoaspiration cervicale seule (profil adipeux) | Passer à l’étape 3 |
| 3 | Le relâchement cutané est-il modéré, sans excès cutané franc ? | SNEC Lift : lipoaspiration + radiofréquence subdermale (profil mixte) | Lifting cervico-facial — l’excès cutané impose une excision |
| 4 | Existe-t-il des bandes platysmales franches ? | Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting (profil musculaire) | Passer à l’étape 5 |
| 5 | Le menton est-il peu projeté / la mandibule peu marquée ? | Implant mentonnier ou génioplastie (profil squelettique) | Réévaluer : os hyoïde bas, ou demande sans support anatomique |
| 6 | La qualité de peau est-elle altérée (ridules, perte de densité) ? | Traitement complémentaire de la qualité cutanée, associé ou différé | Protocole retenu tel quel |
Deux principes gouvernent cet algorithme. Le premier : plusieurs composantes coexistent souvent, et la stratégie combine alors les gestes plutôt que de les opposer. Le second : à chaque étape, on retient le geste le moins invasif capable de traiter réellement le mécanisme en cause — sans sous-traiter une indication qui relève d’une chirurgie plus complète.
Lipoaspiration cervicale : indication, déroulement et limites
La lipoaspiration cervicale retire la graisse préplatysmale par de fines canules, introduites par de petites incisions dissimulées sous le menton et derrière les lobes des oreilles. Le geste vise à redéfinir l’angle cervico-mentonnier et la ligne mandibulaire.
Candidature. Elle s’adresse aux patients présentant un excès graisseux localisé avec une peau conservant une bonne capacité de rétraction, à poids stable. Anesthésie. Le geste peut être conduit sous anesthésie locale tumescente dans les indications adaptées, parfois avec une sédation légère. Cicatrices. Les points d’entrée sont de quelques millimètres, dissimulés dans les plis naturels.
Limites et risques spécifiques. Une lipoaspiration trop superficielle ou excessive expose à des irrégularités de surface et à un aspect creusé difficile à corriger. Le contrôle sculptural — savoir combien retirer et où s’arrêter — compte davantage que le volume total aspiré. Les risques incluent ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités et, plus rarement, troubles sensitifs transitoires.
Le résultat n’est pas « définitif » au sens absolu : les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas, mais une prise de poids significative peut faire grossir les cellules restantes, et le vieillissement cutané se poursuit.
Radiofréquence subdermale associée : pourquoi et pour qui ?

Il faut distinguer deux familles souvent confondues. La radiofréquence externe délivre son énergie depuis la surface de la peau : elle doit traverser l’épiderme et le derme superficiel avant d’atteindre sa cible, ce qui limite l’énergie utile en profondeur. La radiofréquence subdermale délivre l’énergie entre une canule glissée sous la peau et une électrode externe : le tissu traité est directement situé entre les deux.
Cette différence explique l’écart d’indication. La radiofréquence externe convient à des relâchements débutants et s’utilise en séances répétées. La radiofréquence subdermale, geste chirurgical réalisé en une fois, s’adresse aux relâchements modérés et se combine naturellement à une lipoaspiration.
Le raisonnement clinique est le suivant : lorsque le retrait de graisse risque de laisser une peau insuffisamment rétractile, associer une remise en tension thermique dans le même temps opératoire permet de traiter les deux composantes. C’est le principe du SNEC Lift. Les dispositifs récents intègrent une mesure thermique et une coupure automatique de l’énergie, sécurités utiles qui ne remplacent pas la connaissance anatomique de l’opérateur.
SNEC Lift : quelle place dans le traitement du double menton ?
Le SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift) est un protocole de rajeunissement cervical mini-invasif développé par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris. Il associe, selon l’anatomie, une lipoaspiration cervicale ciblée, une radiofréquence subdermale bipolaire contrôlée et, dans les relâchements plus difficiles, des fils tenseurs de soutien — sans excision cutanée ni cicatrice péri-auriculaire.
Dans le traitement du double menton, il occupe une place précise : celle du profil mixte, lorsque coexistent un excès graisseux et un relâchement cutané modéré. C’est la situation où la lipoaspiration seule décevrait — elle retirerait le volume en laissant une peau flottante — et où un lifting cervico-facial serait disproportionné.
Il répond ainsi à ce que la littérature anglo-saxonne appelle le treatment gap : l’espace thérapeutique laissé vacant entre les traitements de surface, insuffisants, et la chirurgie complète, excessive pour ces indications.
Ce que le SNEC Lift ne fait pas. Il ne retire pas de peau. Il ne corrige pas de bandes platysmales franches. Il ne modifie pas un support squelettique insuffisant. Dans ces situations, un lifting cervico-facial, une platysmaplastie ou une correction mentonnière restent indiqués. Refuser toute cicatrice ne doit pas conduire à sous-traiter une indication chirurgicale.
Comment améliorer la qualité de la peau du cou ?
Traiter le volume et la tension ne suffit pas toujours. La peau du cou a ses propres caractéristiques : elle est fine, pauvre en glandes sébacées, très exposée au soleil et souvent négligée dans les routines de soin. Elle vieillit donc vite et visiblement — ridules horizontales, perte de densité, aspect froissé, taches pigmentaires.
Ces atteintes ne relèvent ni de la lipoaspiration ni du lifting. Un patient peut sortir d’une intervention avec un angle cervico-mentonnier net et conserver une peau de qualité médiocre — et c’est souvent ce qui trahit le résultat.
Deux mécanismes permettent d’agir sur cette qualité cutanée. Le premier est thermique : la radiofréquence subdermale, en chauffant le derme profond de manière contrôlée, déclenche une production de collagène qui améliore la densité et la tension de la peau sur plusieurs mois. C’est un bénéfice inclus dans le SNEC Lift, au-delà du seul effet de rétraction. Le second est injectable : les protocoles d’induction collagénique — vitaminothérapie, skinboosters à base d’acide hyaluronique faiblement réticulé, inducteurs de collagène — stimulent les fibroblastes et améliorent l’hydratation, la densité et l’éclat du revêtement cutané.
Ces approches se combinent au geste chirurgical, soit en préparation, soit en consolidation à distance. Elles ne le remplacent pas : aucune amélioration de qualité de peau ne corrige un excès graisseux ou un relâchement structurel.
À RETENIR
Le traitement du double menton comporte trois dimensions distinctes : le volume (graisse), la structure (peau, platysma, support osseux) et la qualité de peau (densité, texture, éclat). Un protocole complet les considère toutes les trois. Traiter le volume seul donne un résultat partiel.
Quelles alternatives non chirurgicales, et pour quelles indications réalistes ?
Plusieurs traitements non chirurgicaux sont proposés dans cette indication. Leur place est réelle mais limitée, et leur présentation honnête fait partie de l’information du patient.
L’acide désoxycholique injectable
Cette molécule provoque une lyse des cellules graisseuses par destruction de leur membrane. Son efficacité sur la graisse sous-mentonnière modérée a été établie par des essais de phase III. Le traitement nécessite plusieurs séances espacées et s’accompagne d’un œdème parfois marqué. Il ne traite pas le relâchement cutané et n’est pas indiqué dans les excès graisseux importants. Sa disponibilité et ses conditions de prescription en France doivent être vérifiées à la date de la consultation.
La cryolipolyse sous-mentonnière
Elle refroidit les cellules graisseuses jusqu’à provoquer leur apoptose. Non invasive, elle s’adresse à des excès modérés et demande plusieurs séances. Le contrôle sculptural est moindre qu’avec une lipoaspiration, et elle n’améliore pas le relâchement cutané.
La radiofréquence externe et les ultrasons focalisés
Ces technologies agissent depuis la surface pour stimuler le collagène. Elles conviennent à des relâchements débutants, en séances répétées, avec un effet modéré. Elles ne retirent pas de graisse et ne remplacent pas une remise en tension chirurgicale dans les indications avancées.
La toxine botulique
Elle peut atténuer des bandes platysmales fines et modérées en relâchant le muscle. L’effet est temporaire et demande un entretien. Elle est sans action sur la graisse et sur la peau.
Tableau comparatif des traitements du double menton
Les techniques ci-dessous ne sont pas concurrentes : elles répondent à des profils différents. Le tableau les compare sur des critères identiques.
| Technique | Indication | Invasivité | Séances | Récupération | Limites |
|---|---|---|---|---|---|
| Lipoaspiration cervicale | Excès graisseux, peau tonique | Chirurgicale mini-invasive | 1 | Œdème et ecchymoses quelques jours ; compression | Ne traite pas le relâchement cutané |
| SNEC Lift (lipo + RF subdermale) | Graisse + relâchement cutané modéré | Chirurgicale mini-invasive | 1 | Œdème un peu plus marqué et prolongé | Pas d’excision : insuffisant si excès cutané franc |
| Lifting cervico-facial | Excès cutané, bajoues, platysma avancé | Chirurgie complète | 1 | Plus longue ; cicatrices péri-auriculaires | Suites et cicatrices plus importantes |
| Platysmaplastie | Bandes platysmales franches | Chirurgicale | 1 | Selon le geste associé | Ne traite ni la graisse ni le support osseux |
| Implant mentonnier / génioplastie | Menton peu projeté | Chirurgicale | 1 | Œdème, gêne à la mastication transitoire | Sans effet sur la graisse et la peau |
| Acide désoxycholique | Graisse modérée, peau tonique | Injectable | Plusieurs | Œdème parfois marqué après chaque séance | Ne traite pas la peau ; excès importants exclus |
| Cryolipolyse | Excès graisseux modéré | Non invasive | Plusieurs | Rapide, gêne locale transitoire | Contrôle sculptural moindre ; sans effet cutané |
| Radiofréquence externe / ultrasons | Relâchement débutant | Non invasive | Plusieurs | Immédiate | Effet modéré ; ne retire pas de graisse |
| Toxine botulique | Bandes platysmales fines | Injectable | Entretien | Immédiate | Temporaire ; sans action sur graisse et peau |
Les erreurs de traitement les plus fréquentes
| Erreur | Cause | Conséquence | Stratégie correcte |
|---|---|---|---|
| Lipoaspiration sur peau relâchée | Élasticité cutanée non évaluée au pinch test | Volume retiré mais peau flottante ; aspect parfois aggravé | Associer une remise en tension : SNEC Lift, ou lifting si excès franc |
| Traitement de la graisse sur bandes platysmales | Contraction volontaire non testée en consultation | Bandes plus visibles une fois le volume qui les masquait retiré | Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting cervico-facial |
| Technologies répétées sur profil squelettique | Projection mentonnière et position de l’os hyoïde non analysées | Dépense cumulée sans résultat, la cause étant osseuse | Correction du support : implant mentonnier ou génioplastie |
| Traitement du volume sans la qualité de peau | Densité, ridules et dommages solaires non évalués | Angle net mais peau froissée, qui trahit le résultat | Associer radiofréquence et protocoles d’induction collagénique |
| Choix de la technique avant le diagnostic | Démarche partant de la technologie disponible | Traitement inadapté ou insuffisant à la composante dominante | Appliquer l’algorithme : identifier la structure responsable d’abord |
Quand un lifting ou une chirurgie squelettique est-il préférable ?
Certaines situations dépassent ce que les approches mini-invasives peuvent corriger. Les reconnaître évite au patient un parcours de traitements successifs sans résultat.
- Excès cutané franc — peau distendue, notamment après amaigrissement important : seule une excision cutanée corrige durablement.
- Bandes platysmales marquées au repos ou à la contraction : elles relèvent d’une platysmaplastie.
- Relâchement cervical avancé associé à des bajoues et à un relâchement du tiers inférieur du visage : un lifting cervico-facial traite l’ensemble de manière cohérente.
- Menton peu projeté ou mandibule peu marquée : la correction passe par un implant mentonnier ou une génioplastie, éventuellement associée à un traitement des tissus mous.
Résultats, récupération, risques et durée

Les suites dépendent de la technique retenue. Après une lipoaspiration cervicale, l’œdème et les ecchymoses sont constants les premiers jours, et une compression cervicale est habituellement prescrite. Lorsqu’une radiofréquence subdermale est associée, l’œdème peut être plus marqué et durer un peu plus longtemps.
Le résultat se construit en trois temps. Un résultat précoce apparaît après la diminution de l’œdème, sur quelques semaines. Une phase de maturation suit, pendant laquelle la peau se redrape et, en cas de traitement thermique, le collagène se remodèle — cette phase s’étend généralement sur trois à six mois. Enfin, le maintien dépend de la stabilité pondérale, du vieillissement naturel et de l’entretien cutané.
Risques. Ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités de surface, troubles sensitifs transitoires, et plus rarement infection ou atteinte nerveuse. Les traitements thermiques ajoutent un risque de brûlure et d’induration prolongée. Ces événements restent peu fréquents mais doivent être connus avant de décider.
Comment se déroule la consultation spécialisée à Paris ?
L’examen suit une séquence précise. L’inspection de face, de profil et en trois-quarts, au repos puis en contraction, documentée par des photographies standardisées. Le test du pincement (pinch test), qui évalue l’épaisseur graisseuse et surtout la capacité de rétraction de la peau. La contraction volontaire du cou, qui révèle les bandes platysmales. L’évaluation de la projection mentonnière et de la position de l’os hyoïde. L’analyse de la qualité de peau : densité, ridules, élasticité, dommages solaires.
S’y ajoutent l’interrogatoire sur les antécédents, les variations de poids, le tabagisme, les traitements en cours, et la discussion des attentes. Cette dernière est déterminante : une demande disproportionnée par rapport à l’anatomie doit être identifiée avant, et non après, l’intervention.
L’approche du Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier
L’objectif n’est pas d’appliquer la même technique à tous les patients, mais d’identifier la composante dominante du double menton. Cette démarche de précision permet de choisir le geste le moins invasif susceptible de traiter réellement le mécanisme anatomique en cause, tout en sachant orienter vers une chirurgie plus complète lorsqu’elle est nécessaire.
Le Dr Stroumza-Escoffier figure parmi les premiers chirurgiens plasticiens français à avoir intégré la radiofréquence bipolaire de dernière génération dans la chirurgie mini-invasive du cou et de la silhouette. Il enseigne ces techniques à ses confrères lors de workshops, de masterclasses et de chirurgies en direct, et intervient lors de congrès nationaux et internationaux.
DÉCLARATION DE LIENS D’INTÉRÊTS
Le Dr Stroumza-Escoffier exerce une activité de consultant et de formateur pour la société InMode, fabricant de dispositifs de radiofréquence. Cette information est communiquée par transparence. Les indications posées en consultation reposent sur l’analyse anatomique du patient, indépendamment de toute considération commerciale.
Questions fréquentes
Pourquoi ai-je un double menton alors que je suis mince ?
Parce que la graisse n’est qu’une des quatre causes possibles. Un menton peu projeté, une position basse de l’os hyoïde, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil empâté indépendamment du poids. C’est pourquoi un régime ne corrige pas certains doubles mentons.
Quel est le traitement le plus efficace du double menton ?
Il n’existe pas de traitement universellement supérieur : l’efficacité dépend de la cause. Une graisse localisée avec peau tonique relève d’une lipoaspiration. Une graisse associée à un relâchement modéré relève d’une lipoaspiration combinée à une radiofréquence subdermale. Des bandes platysmales relèvent d’une chirurgie musculaire, un menton fuyant d’une correction osseuse.
La liposuccion suffit-elle si la peau est relâchée ?
Non, et c’est une erreur fréquente. Retirer le volume sans traiter la rétraction cutanée laisse une peau flottante et peut aggraver visuellement le résultat. Dans ce profil, une remise en tension doit être associée — par radiofréquence subdermale dans les relâchements modérés, par lifting cervico-facial si l’excès cutané est franc.
Quelle différence entre radiofréquence externe et subdermale ?
La radiofréquence externe délivre son énergie depuis la surface : elle doit traverser la peau avant d’atteindre sa cible, ce qui limite son action en profondeur. La radiofréquence subdermale délivre l’énergie entre une canule placée sous la peau et une électrode externe, directement dans le tissu ciblé. La première convient aux relâchements débutants en séances répétées ; la seconde est un geste chirurgical réalisé en une fois.
Qu’est-ce que le SNEC Lift ?
Le SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift) est un protocole de rajeunissement cervical mini-invasif développé par le Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris. Il associe, selon l’anatomie, une lipoaspiration cervicale ciblée, une radiofréquence subdermale et, dans les cas plus difficiles, des fils tenseurs — sans excision de peau ni cicatrice péri-auriculaire. Dans le double menton, il correspond au profil mixte : graisse et relâchement cutané modéré.
Peut-on traiter le double menton sous anesthésie locale ?
Oui, dans de nombreuses indications mini-invasives. La lipoaspiration cervicale et la radiofréquence subdermale peuvent être conduites sous anesthésie locale tumescente, parfois associée à une sédation légère. Le choix relève d’une évaluation médicale selon l’étendue du geste et le profil du patient.
Quand faut-il préférer un lifting du cou ?
Lorsque l’excès cutané est franc, que des bandes platysmales sont marquées, ou que le relâchement s’étend au tiers inférieur du visage avec des bajoues. Dans ces situations, seule une excision cutanée et une remise en tension chirurgicale donnent un résultat cohérent. Vouloir éviter toute cicatrice
conduirait à sous-traiter l’indication.
Un menton fuyant peut-il donner l’impression d’un double menton ?
Oui, c’est le profil squelettique. Un menton peu projeté réduit la définition du profil et crée une impression d’empâtement sous-mentonnier, même sans excès graisseux. La correction passe alors par un implant mentonnier ou une génioplastie, et non par un traitement des tissus mous.
Combien de temps faut-il pour voir le résultat ?
Un résultat précoce apparaît après la diminution de l’œdème, sur quelques semaines. La maturation se poursuit ensuite : redrapage cutané et, en cas de traitement thermique, remodelage du collagène. Le résultat est généralement consolidé entre trois et six mois.
Le résultat d’une lipoaspiration cervicale est-il définitif ?
Les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas. Mais une prise de poids significative peut faire grossir les cellules restantes, et le vieillissement cutané se poursuit. La stabilité pondérale est donc un élément déterminant de la durabilité du résultat.
Peut-on traiter un double menton chez un patient en surpoids ?
La lipoaspiration cervicale n’est pas un traitement de l’obésité et ne fait pas maigrir. Chez un patient en surpoids avec un poids non stabilisé, l’indication doit être discutée : une perte pondérale préalable modifie souvent l’analyse et améliore le résultat. La décision se prend au cas par cas.
Quels sont les risques et les limites ?
Les risques incluent ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités de surface et troubles sensitifs transitoires ; plus rarement infection ou atteinte nerveuse. Les traitements thermiques ajoutent un risque de brûlure et d’induration. Les limites tiennent surtout à l’indication : aucune technique ne corrige une cause qu’elle ne traite pas.
Peut-on améliorer la qualité de la peau du cou en même temps ?
Oui. La radiofréquence subdermale stimule la production de collagène et améliore la densité cutanée sur plusieurs mois. Des protocoles d’induction collagénique — vitaminothérapie, skinboosters, inducteurs de collagène — peuvent être associés en préparation ou en consolidation. Ils complètent le geste sans le remplacer.
Quelle est l’approche spécifique du Dr Stroumza-Escoffier ?
Elle consiste à partir du diagnostic anatomique plutôt que de la technique : identifier laquelle des quatre composantes domine, puis retenir le geste le moins invasif capable de la traiter réellement. Cette démarche inclut la qualité de peau comme composante à part entière, et n’exclut pas d’orienter vers une chirurgie complète lorsqu’elle est indiquée.
En conclusion
Le traitement moderne du double menton ne se résume plus à retirer de la graisse. Il repose sur une analyse du volume adipeux, de l’élasticité cutanée, du platysma et du support squelettique. La qualité du résultat dépend moins du nom de la technologie que de la justesse de l’indication. Une consultation spécialisée permet de définir une stratégie proportionnée, réaliste et adaptée à l’anatomie de chaque patient.
AVERTISSEMENT
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne se substitue pas à une consultation médicale individuelle. Le choix d’une technique relève d’une décision médicale prise après examen anatomique. Aucun résultat ne peut être garanti : il dépend de l’anatomie, de la qualité cutanée et de facteurs propres à chaque personne. Les informations ci-dessus sont données à titre général.
Références scientifiques principales
Références issues de revues à comité de lecture (PubMed/MEDLINE) et publications spécialisées.
- Ascher B., Hoffmann K., Walker P. et al. Efficacy, patient-reported outcomes and safety profile of ATX-101 (deoxycholic acid), an injectable drug for the reduction of unwanted submental fat: results from a phase III, randomized, placebo-controlled study. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2014. Étude de phase III validant l’efficacité de l’acide désoxycholique.
- Yen S., Wang J., Gao X. et al. Bipolar Radiofrequency-Assisted Liposuction for Cervical Contouring in Eastern Asians. Aesthetic Surgery Journal Open Forum, 2023;5:ojad035. DOI : 10.1093/asjof/ojad035. Étude sur la radiofréquence assistée cervicale, incluant le traitement du double menton avec composante cutanée.
- Chia C.T., Marte J.A., Ulvila D.D., Theodorou S.J. Percutaneous Radiofrequency Technologies for the Lower Face and Neck. Facial Plastic Surgery Clinics of North America, 2019. PMID : 31280845.
- Tackling submental fat: A review of management strategies. Cosmoderma, 2023. Revue des stratégies thérapeutiques du double menton, incluant description anatomique et positionnement relatif des techniques.
- Overview of non-invasive treatments for submental fat reduction. The PMFA Journal. Revue des traitements non invasifs : acide désoxycholique, cryolipolyse, radiofréquence externe, avec indications et limites.
- Park H.J., Jang J.S., Kim C.H. et al. Topical formulation of sodium deoxycholate for submental lipolysis. Skin Research and Technology, 2023;29(3):e13293. DOI : 10.1111/srt.13293.
Article rédigé par l’équipe éditoriale et validé par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier — chirurgien plasticien, qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris (hôpital Tenon, AP-HP) — RPPS 10100674943. Membre de la SOFCPRE. Cabinet : 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris.
Dernière mise à jour : juillet 2026.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.



