Traitement du double menton : quelle solution selon votre profil anatomique ?

Traitement du double menton : lipoaspiration, SNEC Lift, radiofréquence ou correction du menton selon votre profil anatomique (graisse, peau, platysma, menton). Algorithme du Dr Stroumza-Escoffier, Paris.
Profil féminin mettant en évidence l’angle cervico-mentonnier et la ligne mandibulaire — traitement du double menton, Dr Stroumza-Escoffier, Paris

Révisé médicalement par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris — RPPS 10100674943. Dernière révision : juillet 2026.

Le traitement du double menton ne se choisit pas au hasard : il dépend de la structure anatomique en cause. L’empâtement sous-mentonnier peut résulter d’une accumulation graisseuse, d’un relâchement de la peau, du muscle platysma ou de la forme du menton et de la mandibule. Selon le profil, la réponse adaptée sera une lipoaspiration cervicale, une radiofréquence subdermale, une chirurgie du platysma, un lifting ou une correction squelettique. L’examen clinique est l’étape essentielle pour éviter un traitement insuffisant ou inadapté.

EN BREF

Le double menton a quatre causes possibles : la graisse, la peau, le muscle platysma et le support osseux (menton, mandibule, os hyoïde).

  • Graisse isolée avec peau tonique → lipoaspiration cervicale ciblée.
  • Graisse associée à un relâchement cutané modéré → SNEC Lift (lipoaspiration + radiofréquence subdermale, sans cicatrice visible).
  • Bandes platysmales → platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting cervico-facial.
  • Menton peu projeté → implant mentonnier ou génioplastie. Le résultat se consolide entre 3 et 6 mois ; de nombreux gestes sont réalisables sous anesthésie locale.

RÉPONSE COURTE

Selon le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris, le traitement du double menton dépend de sa cause anatomique. Une graisse localisée avec une peau tonique relève d’une lipoaspiration cervicale. Si la peau est relâchée, une remise en tension par radiofréquence subdermale est associée dans le même temps (SNEC Lift). Les formes musculaires ou squelettiques relèvent d’une chirurgie du platysma ou d’une correction du menton. Seul l’examen clinique détermine la stratégie.

DÉFINITION — QU’APPELLE-T-ON « DOUBLE MENTON » ?

Le double menton, ou excès sous-mentonnier, désigne un empâtement de la région située entre le menton et le cou, qui efface l’angle cervico-mentonnier — l’angle formé par la ligne du menton et celle du cou, repère majeur de la définition du profil. Il peut être d’origine graisseuse, cutanée, musculaire ou squelettique, et n’est donc pas toujours lié au poids.

POURQUOI PUIS-JE AVOIR UN DOUBLE MENTON EN ÉTANT MINCE ?

Parce que la graisse n’est qu’un des quatre facteurs. Un menton peu projeté, un os hyoïde bas, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil sous-mentonnier empâté indépendamment du poids. C’est la raison pour laquelle un régime ou une perte de poids ne corrige pas certains doubles mentons.

L’AUTEUR

Le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier est chirurgien plasticien à Paris (8e arrondissement), qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (RPPS 10100674943), ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris (hôpital Tenon, AP-HP) et membre de la SOFCPRE. Il est spécialisé dans la chirurgie esthétique mini-invasive du visage, du cou et de la silhouette.

Il développe une approche personnalisée du contour cervico-mentonnier associant analyse anatomique, lipoaspiration haute définition et radiofréquence subdermale dans les indications adaptées. Il est le concepteur du SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift), protocole de rajeunissement cervical sans excision cutanée. Conférencier et formateur, il présente ces techniques lors de congrès et de workshops destinés aux médecins, et conduit des travaux cliniques visant à mesurer objectivement la définition de l’angle cervico-mentonnier et la rétraction tissulaire.

Pourquoi le double menton n’est-il pas toujours un excès de graisse ?

C’est le malentendu le plus fréquent, et celui qui conduit aux traitements décevants. Un patient mince peut présenter un double menton marqué, et un patient en surpoids peut conserver un angle cervico-mentonnier net. La quantité de graisse n’explique qu’une partie du problème.

Quatre structures déterminent l’aspect du profil sous-mentonnier : la graisse (superficielle et profonde), la peau et son élasticité, le muscle platysma, et le support squelettique — menton et mandibule. Chacune répond à des traitements différents. Retirer de la graisse chez un patient dont le problème est un menton fuyant ne corrigera rien ; poser un implant mentonnier chez un patient dont le problème est adipeux non plus.

C’est pourquoi la démarche présentée ici part du diagnostic et non de la technique. Avant de choisir une technologie, il faut identifier la structure responsable.

Quelles structures anatomiques déterminent le profil du cou ?

La région sous-mentonnière est organisée en plans superposés. Les comprendre permet de saisir pourquoi une même apparence peut avoir des origines très différentes.

Anatomie du cou et du double menton : angle cervico-mentonnier, muscle platysma et cordes platysmales — Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien Paris
Figure 1 — Anatomie du profil cervical : régions sous-mentonnière, sous-mandibulaire et cervicale, angle cervico-mentonnier, muscle platysma et cordes platysmales. Illustration : Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier.

La graisse préplatysmale

Située au-dessus du muscle platysma, juste sous la peau, c’est la graisse la plus superficielle. C’est elle que la lipoaspiration cervicale retire le plus facilement, et c’est sur elle qu’agissent les traitements non invasifs de surface.

La graisse profonde (sous-platysmale)

Située sous le platysma, elle est moins accessible. Son excès contribue à combler l’angle cervico-mentonnier et peut persister après une lipoaspiration superficielle bien conduite. Son traitement relève d’un geste chirurgical spécifique, sous contrôle direct.

Le muscle platysma

Fine nappe musculaire tendue du thorax à la mandibule. Avec l’âge, ses bords antérieurs peuvent se séparer et former des bandes verticales visibles. Il peut aussi se relâcher globalement, ce qui accentue l’aspect empâté du cou. Aucun traitement de la graisse ne corrige une atteinte platysmale.

La peau et son élasticité

La capacité de la peau à se rétracter après retrait de volume est déterminante. Une peau tonique se redrape spontanément. Une peau relâchée reste flottante, et retirer de la graisse sans anticiper ce point aggrave visuellement le résultat.

Le menton et la mandibule

Un menton peu projeté (rétrogénie) ou une mandibule peu marquée réduisent la définition du profil et créent une impression de double menton, même sans excès graisseux. La position de l’os hyoïde, plus

ou moins bas et antérieur, conditionne également la netteté de l’angle cervico-mentonnier. Ces éléments ne se corrigent pas par un traitement des tissus mous.

POURQUOI JE PEUX AVOIR UN DOUBLE MENTON EN ÉTANT MINCE ?

Parce que la graisse n’est qu’un des quatre facteurs. Un menton peu projeté, un os hyoïde bas, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil sous-mentonnier empâté indépendamment du poids. C’est la raison pour laquelle un régime ou une perte de poids ne corrige pas certains doubles mentons.

Les quatre profils anatomiques du double menton

Les quatre profils anatomiques du double menton : adipeux, mixte, musculaire et squelettique — Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien Paris
Figure 2 — Les quatre profils anatomiques du double menton : adipeux, mixte, musculaire et squelettique. Chaque profil appelle une stratégie différente.

LES QUATRE PROFILS EN UNE PHRASE

Profil adipeux : de la graisse, une peau tonique — lipoaspiration. Profil mixte : de la graisse et une peau relâchée — SNEC Lift. Profil musculaire : des bandes platysmales — chirurgie du platysma. Profil squelettique : un menton peu projeté — correction du support osseux.

Cette grille clinique en quatre profils est proposée par le Dr Stroumza-Escoffier pour structurer l’analyse en consultation. Elle n’a pas valeur de classification scientifique validée : c’est un outil de raisonnement, destiné à identifier la composante dominante avant de choisir un traitement.

Profil 1 — Adipeux à peau tonique

Signes cliniques. Excès graisseux sous-mentonnier isolé, peau élastique qui se rétracte bien au test du pincement (pinch test), absence de bandes platysmales, projection mentonnière satisfaisante. Souvent chez des patients jeunes ou d’âge moyen. Erreur fréquente. Proposer d’emblée une technologie de remise en tension, inutile ici. Traitement principal. Lipoaspiration cervicale ciblée. Alternative. Acide désoxycholique injectable dans les excès modérés, si le produit est disponible et l’indication adaptée.

Profil 2 — Mixte : graisse et relâchement cutané

Signes cliniques. Excès graisseux associé à une élasticité cutanée diminuée, peau qui reste marquée après pincement, angle cervico-mentonnier flou. C’est le profil le plus fréquent après 45 ans. Erreur fréquente. Réaliser une lipoaspiration isolée, qui retire le volume mais laisse une peau flottante et peut aggraver l’aspect. Traitement principal. SNEC Lift — association d’une lipoaspiration cervicale et d’une radiofréquence subdermale, qui traite simultanément la graisse et la rétraction cutanée. Alternative. Lifting cervico-facial si le relâchement dépasse les capacités de rétraction.

Profil 3 — Musculaire : platysma et bandes cervicales

Signes cliniques. Bandes verticales visibles au repos ou à la contraction, relâchement musculaire dominant, graisse parfois modérée. L’aspect s’accentue lors de la contraction volontaire du cou. Erreur fréquente. Traiter la graisse en espérant corriger les bandes — elles resteront, voire deviendront plus visibles après retrait du volume qui les masquait. Traitement principal. Correction chirurgicale du platysma (platysmaplastie), le plus souvent dans le cadre d’un lifting cervico-facial. Alternative. Toxine botulique sur des bandes fines et modérées, avec un effet temporaire.

Profil 4 — Squelettique : menton, mandibule et os hyoïde

Signes cliniques. Menton peu projeté, ligne mandibulaire peu marquée, os hyoïde bas ou antérieur, angle cervico-mentonnier naturellement ouvert. Souvent présent depuis l’adolescence, indépendamment du poids. Erreur fréquente. Enchaîner les traitements des tissus mous sans résultat, faute d’avoir identifié la cause osseuse. Traitement principal. Correction de la projection mentonnière — implant mentonnier ou génioplastie selon le cas. Alternative. Association à un traitement des tissus mous si une composante graisseuse coexiste. Une position basse de l’os hyoïde constitue une limite anatomique qu’aucune technique ne corrige.

LES QUATRE PROFILS EN UNE PHRASE

Profil adipeux : de la graisse, une peau tonique — lipoaspiration. Profil mixte : de la graisse et une peau relâchée — SNEC Lift. Profil musculaire : des bandes platysmales — chirurgie du platysma. Profil squelettique : un menton peu projeté — correction du support osseux.

Tableau : quel traitement pour quel profil ?

Ce tableau récapitule la correspondance entre chaque profil, ses signes cliniques et la stratégie retenue.

Profil Signes cliniques Traitement principal Alternative
1. Adipeux, peau tonique Excès graisseux isolé, peau élastique au pinch test, pas de bandes Lipoaspiration cervicale ciblée Acide désoxycholique si excès modéré
2. Mixte : graisse + peau Excès graisseux + élasticité diminuée, angle flou. Fréquent après 45 ans SNEC Lift : lipoaspiration + radiofréquence subdermale Lifting cervico-facial si relâchement dépassant la rétraction
3. Musculaire : platysma Bandes verticales au repos ou à la contraction Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting Toxine botulique sur bandes fines (effet temporaire)
4. Squelettique : menton, hyoïde Menton peu projeté, mandibule peu marquée, os hyoïde bas Implant mentonnier ou génioplastie Association aux tissus mous si composante graisseuse

Quel traitement choisir ? L’algorithme de prise en charge

Algorithme de traitement du double menton selon le profil anatomique — Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien Paris
Figure 3 — Algorithme décisionnel : le traitement découle du diagnostic anatomique, étape par étape. Illustration : Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier.

L’analyse clinique suit une séquence de questions simples. Chacune oriente vers la suivante, et l’ensemble aboutit à une stratégie. C’est ce raisonnement, et non la disponibilité d’une technologie, qui détermine la proposition thérapeutique.

Étape Question clinique Si oui Si non
1 Existe-t-il un excès graisseux sous-mentonnier ? Passer à l’étape 2 Aller directement à l’étape 4
2 La peau est-elle tonique au pinch test ? Lipoaspiration cervicale seule (profil adipeux) Passer à l’étape 3
3 Le relâchement cutané est-il modéré, sans excès cutané franc ? SNEC Lift : lipoaspiration + radiofréquence subdermale (profil mixte) Lifting cervico-facial — l’excès cutané impose une excision
4 Existe-t-il des bandes platysmales franches ? Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting (profil musculaire) Passer à l’étape 5
5 Le menton est-il peu projeté / la mandibule peu marquée ? Implant mentonnier ou génioplastie (profil squelettique) Réévaluer : os hyoïde bas, ou demande sans support anatomique
6 La qualité de peau est-elle altérée (ridules, perte de densité) ? Traitement complémentaire de la qualité cutanée, associé ou différé Protocole retenu tel quel

Deux principes gouvernent cet algorithme. Le premier : plusieurs composantes coexistent souvent, et la stratégie combine alors les gestes plutôt que de les opposer. Le second : à chaque étape, on retient le geste le moins invasif capable de traiter réellement le mécanisme en cause — sans sous-traiter une indication qui relève d’une chirurgie plus complète.

Lipoaspiration cervicale : indication, déroulement et limites

La lipoaspiration cervicale retire la graisse préplatysmale par de fines canules, introduites par de petites incisions dissimulées sous le menton et derrière les lobes des oreilles. Le geste vise à redéfinir l’angle cervico-mentonnier et la ligne mandibulaire.

Candidature. Elle s’adresse aux patients présentant un excès graisseux localisé avec une peau conservant une bonne capacité de rétraction, à poids stable. Anesthésie. Le geste peut être conduit sous anesthésie locale tumescente dans les indications adaptées, parfois avec une sédation légère. Cicatrices. Les points d’entrée sont de quelques millimètres, dissimulés dans les plis naturels.

Limites et risques spécifiques. Une lipoaspiration trop superficielle ou excessive expose à des irrégularités de surface et à un aspect creusé difficile à corriger. Le contrôle sculptural — savoir combien retirer et où s’arrêter — compte davantage que le volume total aspiré. Les risques incluent ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités et, plus rarement, troubles sensitifs transitoires.

Le résultat n’est pas « définitif » au sens absolu : les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas, mais une prise de poids significative peut faire grossir les cellules restantes, et le vieillissement cutané se poursuit.

Radiofréquence subdermale associée : pourquoi et pour qui ?

Radiofréquence subdermale du cou : énergie délivrée entre une canule interne et une électrode externe, chauffant le tissu ciblé — Dr Stroumza-Escoffier, Paris
Figure 4 — Radiofréquence subdermale : l’énergie est délivrée entre une canule glissée sous la peau et une électrode externe, directement dans le tissu ciblé.

Il faut distinguer deux familles souvent confondues. La radiofréquence externe délivre son énergie depuis la surface de la peau : elle doit traverser l’épiderme et le derme superficiel avant d’atteindre sa cible, ce qui limite l’énergie utile en profondeur. La radiofréquence subdermale délivre l’énergie entre une canule glissée sous la peau et une électrode externe : le tissu traité est directement situé entre les deux.

Cette différence explique l’écart d’indication. La radiofréquence externe convient à des relâchements débutants et s’utilise en séances répétées. La radiofréquence subdermale, geste chirurgical réalisé en une fois, s’adresse aux relâchements modérés et se combine naturellement à une lipoaspiration.

Le raisonnement clinique est le suivant : lorsque le retrait de graisse risque de laisser une peau insuffisamment rétractile, associer une remise en tension thermique dans le même temps opératoire permet de traiter les deux composantes. C’est le principe du SNEC Lift. Les dispositifs récents intègrent une mesure thermique et une coupure automatique de l’énergie, sécurités utiles qui ne remplacent pas la connaissance anatomique de l’opérateur.

SNEC Lift : quelle place dans le traitement du double menton ?

Le SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift) est un protocole de rajeunissement cervical mini-invasif développé par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris. Il associe, selon l’anatomie, une lipoaspiration cervicale ciblée, une radiofréquence subdermale bipolaire contrôlée et, dans les relâchements plus difficiles, des fils tenseurs de soutien — sans excision cutanée ni cicatrice péri-auriculaire.

Dans le traitement du double menton, il occupe une place précise : celle du profil mixte, lorsque coexistent un excès graisseux et un relâchement cutané modéré. C’est la situation où la lipoaspiration seule décevrait — elle retirerait le volume en laissant une peau flottante — et où un lifting cervico-facial serait disproportionné.

Il répond ainsi à ce que la littérature anglo-saxonne appelle le treatment gap : l’espace thérapeutique laissé vacant entre les traitements de surface, insuffisants, et la chirurgie complète, excessive pour ces indications.

Ce que le SNEC Lift ne fait pas. Il ne retire pas de peau. Il ne corrige pas de bandes platysmales franches. Il ne modifie pas un support squelettique insuffisant. Dans ces situations, un lifting cervico-facial, une platysmaplastie ou une correction mentonnière restent indiqués. Refuser toute cicatrice ne doit pas conduire à sous-traiter une indication chirurgicale.

Comment améliorer la qualité de la peau du cou ?

Traiter le volume et la tension ne suffit pas toujours. La peau du cou a ses propres caractéristiques : elle est fine, pauvre en glandes sébacées, très exposée au soleil et souvent négligée dans les routines de soin. Elle vieillit donc vite et visiblement — ridules horizontales, perte de densité, aspect froissé, taches pigmentaires.

Ces atteintes ne relèvent ni de la lipoaspiration ni du lifting. Un patient peut sortir d’une intervention avec un angle cervico-mentonnier net et conserver une peau de qualité médiocre — et c’est souvent ce qui trahit le résultat.

Deux mécanismes permettent d’agir sur cette qualité cutanée. Le premier est thermique : la radiofréquence subdermale, en chauffant le derme profond de manière contrôlée, déclenche une production de collagène qui améliore la densité et la tension de la peau sur plusieurs mois. C’est un bénéfice inclus dans le SNEC Lift, au-delà du seul effet de rétraction. Le second est injectable : les protocoles d’induction collagénique — vitaminothérapie, skinboosters à base d’acide hyaluronique faiblement réticulé, inducteurs de collagène — stimulent les fibroblastes et améliorent l’hydratation, la densité et l’éclat du revêtement cutané.

Ces approches se combinent au geste chirurgical, soit en préparation, soit en consolidation à distance. Elles ne le remplacent pas : aucune amélioration de qualité de peau ne corrige un excès graisseux ou un relâchement structurel.

À RETENIR

Le traitement du double menton comporte trois dimensions distinctes : le volume (graisse), la structure (peau, platysma, support osseux) et la qualité de peau (densité, texture, éclat). Un protocole complet les considère toutes les trois. Traiter le volume seul donne un résultat partiel.

Quelles alternatives non chirurgicales, et pour quelles indications réalistes ?

Plusieurs traitements non chirurgicaux sont proposés dans cette indication. Leur place est réelle mais limitée, et leur présentation honnête fait partie de l’information du patient.

L’acide désoxycholique injectable

Cette molécule provoque une lyse des cellules graisseuses par destruction de leur membrane. Son efficacité sur la graisse sous-mentonnière modérée a été établie par des essais de phase III. Le traitement nécessite plusieurs séances espacées et s’accompagne d’un œdème parfois marqué. Il ne traite pas le relâchement cutané et n’est pas indiqué dans les excès graisseux importants. Sa disponibilité et ses conditions de prescription en France doivent être vérifiées à la date de la consultation.

La cryolipolyse sous-mentonnière

Elle refroidit les cellules graisseuses jusqu’à provoquer leur apoptose. Non invasive, elle s’adresse à des excès modérés et demande plusieurs séances. Le contrôle sculptural est moindre qu’avec une lipoaspiration, et elle n’améliore pas le relâchement cutané.

La radiofréquence externe et les ultrasons focalisés

Ces technologies agissent depuis la surface pour stimuler le collagène. Elles conviennent à des relâchements débutants, en séances répétées, avec un effet modéré. Elles ne retirent pas de graisse et ne remplacent pas une remise en tension chirurgicale dans les indications avancées.

La toxine botulique

Elle peut atténuer des bandes platysmales fines et modérées en relâchant le muscle. L’effet est temporaire et demande un entretien. Elle est sans action sur la graisse et sur la peau.

Tableau comparatif des traitements du double menton

Les techniques ci-dessous ne sont pas concurrentes : elles répondent à des profils différents. Le tableau les compare sur des critères identiques.

Technique Indication Invasivité Séances Récupération Limites
Lipoaspiration cervicale Excès graisseux, peau tonique Chirurgicale mini-invasive 1 Œdème et ecchymoses quelques jours ; compression Ne traite pas le relâchement cutané
SNEC Lift (lipo + RF subdermale) Graisse + relâchement cutané modéré Chirurgicale mini-invasive 1 Œdème un peu plus marqué et prolongé Pas d’excision : insuffisant si excès cutané franc
Lifting cervico-facial Excès cutané, bajoues, platysma avancé Chirurgie complète 1 Plus longue ; cicatrices péri-auriculaires Suites et cicatrices plus importantes
Platysmaplastie Bandes platysmales franches Chirurgicale 1 Selon le geste associé Ne traite ni la graisse ni le support osseux
Implant mentonnier / génioplastie Menton peu projeté Chirurgicale 1 Œdème, gêne à la mastication transitoire Sans effet sur la graisse et la peau
Acide désoxycholique Graisse modérée, peau tonique Injectable Plusieurs Œdème parfois marqué après chaque séance Ne traite pas la peau ; excès importants exclus
Cryolipolyse Excès graisseux modéré Non invasive Plusieurs Rapide, gêne locale transitoire Contrôle sculptural moindre ; sans effet cutané
Radiofréquence externe / ultrasons Relâchement débutant Non invasive Plusieurs Immédiate Effet modéré ; ne retire pas de graisse
Toxine botulique Bandes platysmales fines Injectable Entretien Immédiate Temporaire ; sans action sur graisse et peau

Les erreurs de traitement les plus fréquentes

Erreur Cause Conséquence Stratégie correcte
Lipoaspiration sur peau relâchée Élasticité cutanée non évaluée au pinch test Volume retiré mais peau flottante ; aspect parfois aggravé Associer une remise en tension : SNEC Lift, ou lifting si excès franc
Traitement de la graisse sur bandes platysmales Contraction volontaire non testée en consultation Bandes plus visibles une fois le volume qui les masquait retiré Platysmaplastie, le plus souvent dans un lifting cervico-facial
Technologies répétées sur profil squelettique Projection mentonnière et position de l’os hyoïde non analysées Dépense cumulée sans résultat, la cause étant osseuse Correction du support : implant mentonnier ou génioplastie
Traitement du volume sans la qualité de peau Densité, ridules et dommages solaires non évalués Angle net mais peau froissée, qui trahit le résultat Associer radiofréquence et protocoles d’induction collagénique
Choix de la technique avant le diagnostic Démarche partant de la technologie disponible Traitement inadapté ou insuffisant à la composante dominante Appliquer l’algorithme : identifier la structure responsable d’abord

Quand un lifting ou une chirurgie squelettique est-il préférable ?

Certaines situations dépassent ce que les approches mini-invasives peuvent corriger. Les reconnaître évite au patient un parcours de traitements successifs sans résultat.

  • Excès cutané franc — peau distendue, notamment après amaigrissement important : seule une excision cutanée corrige durablement.
  • Bandes platysmales marquées au repos ou à la contraction : elles relèvent d’une platysmaplastie.
  • Relâchement cervical avancé associé à des bajoues et à un relâchement du tiers inférieur du visage : un lifting cervico-facial traite l’ensemble de manière cohérente.
  • Menton peu projeté ou mandibule peu marquée : la correction passe par un implant mentonnier ou une génioplastie, éventuellement associée à un traitement des tissus mous.

Résultats, récupération, risques et durée

Angle cervico-mentonnier avant et après traitement du double menton : d’un angle ouvert à un angle net et défini — illustration, Dr Stroumza-Escoffier, Paris
Figure 5 — Définition de l’angle cervico-mentonnier avant et après traitement. Illustration schématique, ne représente pas un patient réel.

Les suites dépendent de la technique retenue. Après une lipoaspiration cervicale, l’œdème et les ecchymoses sont constants les premiers jours, et une compression cervicale est habituellement prescrite. Lorsqu’une radiofréquence subdermale est associée, l’œdème peut être plus marqué et durer un peu plus longtemps.

Le résultat se construit en trois temps. Un résultat précoce apparaît après la diminution de l’œdème, sur quelques semaines. Une phase de maturation suit, pendant laquelle la peau se redrape et, en cas de traitement thermique, le collagène se remodèle — cette phase s’étend généralement sur trois à six mois. Enfin, le maintien dépend de la stabilité pondérale, du vieillissement naturel et de l’entretien cutané.

Risques. Ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités de surface, troubles sensitifs transitoires, et plus rarement infection ou atteinte nerveuse. Les traitements thermiques ajoutent un risque de brûlure et d’induration prolongée. Ces événements restent peu fréquents mais doivent être connus avant de décider.

Comment se déroule la consultation spécialisée à Paris ?

L’examen suit une séquence précise. L’inspection de face, de profil et en trois-quarts, au repos puis en contraction, documentée par des photographies standardisées. Le test du pincement (pinch test), qui évalue l’épaisseur graisseuse et surtout la capacité de rétraction de la peau. La contraction volontaire du cou, qui révèle les bandes platysmales. L’évaluation de la projection mentonnière et de la position de l’os hyoïde. L’analyse de la qualité de peau : densité, ridules, élasticité, dommages solaires.

S’y ajoutent l’interrogatoire sur les antécédents, les variations de poids, le tabagisme, les traitements en cours, et la discussion des attentes. Cette dernière est déterminante : une demande disproportionnée par rapport à l’anatomie doit être identifiée avant, et non après, l’intervention.

L’approche du Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier

L’objectif n’est pas d’appliquer la même technique à tous les patients, mais d’identifier la composante dominante du double menton. Cette démarche de précision permet de choisir le geste le moins invasif susceptible de traiter réellement le mécanisme anatomique en cause, tout en sachant orienter vers une chirurgie plus complète lorsqu’elle est nécessaire.

Le Dr Stroumza-Escoffier figure parmi les premiers chirurgiens plasticiens français à avoir intégré la radiofréquence bipolaire de dernière génération dans la chirurgie mini-invasive du cou et de la silhouette. Il enseigne ces techniques à ses confrères lors de workshops, de masterclasses et de chirurgies en direct, et intervient lors de congrès nationaux et internationaux.

DÉCLARATION DE LIENS D’INTÉRÊTS

Le Dr Stroumza-Escoffier exerce une activité de consultant et de formateur pour la société InMode, fabricant de dispositifs de radiofréquence. Cette information est communiquée par transparence. Les indications posées en consultation reposent sur l’analyse anatomique du patient, indépendamment de toute considération commerciale.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je un double menton alors que je suis mince ?

Parce que la graisse n’est qu’une des quatre causes possibles. Un menton peu projeté, une position basse de l’os hyoïde, un relâchement du platysma ou une peau ayant perdu son élasticité produisent un profil empâté indépendamment du poids. C’est pourquoi un régime ne corrige pas certains doubles mentons.

Quel est le traitement le plus efficace du double menton ?

Il n’existe pas de traitement universellement supérieur : l’efficacité dépend de la cause. Une graisse localisée avec peau tonique relève d’une lipoaspiration. Une graisse associée à un relâchement modéré relève d’une lipoaspiration combinée à une radiofréquence subdermale. Des bandes platysmales relèvent d’une chirurgie musculaire, un menton fuyant d’une correction osseuse.

La liposuccion suffit-elle si la peau est relâchée ?

Non, et c’est une erreur fréquente. Retirer le volume sans traiter la rétraction cutanée laisse une peau flottante et peut aggraver visuellement le résultat. Dans ce profil, une remise en tension doit être associée — par radiofréquence subdermale dans les relâchements modérés, par lifting cervico-facial si l’excès cutané est franc.

Quelle différence entre radiofréquence externe et subdermale ?

La radiofréquence externe délivre son énergie depuis la surface : elle doit traverser la peau avant d’atteindre sa cible, ce qui limite son action en profondeur. La radiofréquence subdermale délivre l’énergie entre une canule placée sous la peau et une électrode externe, directement dans le tissu ciblé. La première convient aux relâchements débutants en séances répétées ; la seconde est un geste chirurgical réalisé en une fois.

Qu’est-ce que le SNEC Lift ?

Le SNEC Lift (Scarless Non-Excisional Cervical Lift) est un protocole de rajeunissement cervical mini-invasif développé par le Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris. Il associe, selon l’anatomie, une lipoaspiration cervicale ciblée, une radiofréquence subdermale et, dans les cas plus difficiles, des fils tenseurs — sans excision de peau ni cicatrice péri-auriculaire. Dans le double menton, il correspond au profil mixte : graisse et relâchement cutané modéré.

Peut-on traiter le double menton sous anesthésie locale ?

Oui, dans de nombreuses indications mini-invasives. La lipoaspiration cervicale et la radiofréquence subdermale peuvent être conduites sous anesthésie locale tumescente, parfois associée à une sédation légère. Le choix relève d’une évaluation médicale selon l’étendue du geste et le profil du patient.

Quand faut-il préférer un lifting du cou ?

Lorsque l’excès cutané est franc, que des bandes platysmales sont marquées, ou que le relâchement s’étend au tiers inférieur du visage avec des bajoues. Dans ces situations, seule une excision cutanée et une remise en tension chirurgicale donnent un résultat cohérent. Vouloir éviter toute cicatrice

conduirait à sous-traiter l’indication.

Un menton fuyant peut-il donner l’impression d’un double menton ?

Oui, c’est le profil squelettique. Un menton peu projeté réduit la définition du profil et crée une impression d’empâtement sous-mentonnier, même sans excès graisseux. La correction passe alors par un implant mentonnier ou une génioplastie, et non par un traitement des tissus mous.

Combien de temps faut-il pour voir le résultat ?

Un résultat précoce apparaît après la diminution de l’œdème, sur quelques semaines. La maturation se poursuit ensuite : redrapage cutané et, en cas de traitement thermique, remodelage du collagène. Le résultat est généralement consolidé entre trois et six mois.

Le résultat d’une lipoaspiration cervicale est-il définitif ?

Les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas. Mais une prise de poids significative peut faire grossir les cellules restantes, et le vieillissement cutané se poursuit. La stabilité pondérale est donc un élément déterminant de la durabilité du résultat.

Peut-on traiter un double menton chez un patient en surpoids ?

La lipoaspiration cervicale n’est pas un traitement de l’obésité et ne fait pas maigrir. Chez un patient en surpoids avec un poids non stabilisé, l’indication doit être discutée : une perte pondérale préalable modifie souvent l’analyse et améliore le résultat. La décision se prend au cas par cas.

Quels sont les risques et les limites ?

Les risques incluent ecchymoses, œdème prolongé, asymétrie, irrégularités de surface et troubles sensitifs transitoires ; plus rarement infection ou atteinte nerveuse. Les traitements thermiques ajoutent un risque de brûlure et d’induration. Les limites tiennent surtout à l’indication : aucune technique ne corrige une cause qu’elle ne traite pas.

Peut-on améliorer la qualité de la peau du cou en même temps ?

Oui. La radiofréquence subdermale stimule la production de collagène et améliore la densité cutanée sur plusieurs mois. Des protocoles d’induction collagénique — vitaminothérapie, skinboosters, inducteurs de collagène — peuvent être associés en préparation ou en consolidation. Ils complètent le geste sans le remplacer.

Quelle est l’approche spécifique du Dr Stroumza-Escoffier ?

Elle consiste à partir du diagnostic anatomique plutôt que de la technique : identifier laquelle des quatre composantes domine, puis retenir le geste le moins invasif capable de la traiter réellement. Cette démarche inclut la qualité de peau comme composante à part entière, et n’exclut pas d’orienter vers une chirurgie complète lorsqu’elle est indiquée.

En conclusion

Le traitement moderne du double menton ne se résume plus à retirer de la graisse. Il repose sur une analyse du volume adipeux, de l’élasticité cutanée, du platysma et du support squelettique. La qualité du résultat dépend moins du nom de la technologie que de la justesse de l’indication. Une consultation spécialisée permet de définir une stratégie proportionnée, réaliste et adaptée à l’anatomie de chaque patient.

AVERTISSEMENT

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne se substitue pas à une consultation médicale individuelle. Le choix d’une technique relève d’une décision médicale prise après examen anatomique. Aucun résultat ne peut être garanti : il dépend de l’anatomie, de la qualité cutanée et de facteurs propres à chaque personne. Les informations ci-dessus sont données à titre général.

Références scientifiques principales

Références issues de revues à comité de lecture (PubMed/MEDLINE) et publications spécialisées.

  • Ascher B., Hoffmann K., Walker P. et al. Efficacy, patient-reported outcomes and safety profile of ATX-101 (deoxycholic acid), an injectable drug for the reduction of unwanted submental fat: results from a phase III, randomized, placebo-controlled study. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2014. Étude de phase III validant l’efficacité de l’acide désoxycholique.
  • Yen S., Wang J., Gao X. et al. Bipolar Radiofrequency-Assisted Liposuction for Cervical Contouring in Eastern Asians. Aesthetic Surgery Journal Open Forum, 2023;5:ojad035. DOI : 10.1093/asjof/ojad035. Étude sur la radiofréquence assistée cervicale, incluant le traitement du double menton avec composante cutanée.
  • Chia C.T., Marte J.A., Ulvila D.D., Theodorou S.J. Percutaneous Radiofrequency Technologies for the Lower Face and Neck. Facial Plastic Surgery Clinics of North America, 2019. PMID : 31280845.
  • Tackling submental fat: A review of management strategies. Cosmoderma, 2023. Revue des stratégies thérapeutiques du double menton, incluant description anatomique et positionnement relatif des techniques.
  • Overview of non-invasive treatments for submental fat reduction. The PMFA Journal. Revue des traitements non invasifs : acide désoxycholique, cryolipolyse, radiofréquence externe, avec indications et limites.
  • Park H.J., Jang J.S., Kim C.H. et al. Topical formulation of sodium deoxycholate for submental lipolysis. Skin Research and Technology, 2023;29(3):e13293. DOI : 10.1111/srt.13293.

Article rédigé par l’équipe éditoriale et validé par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier — chirurgien plasticien, qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris (hôpital Tenon, AP-HP) — RPPS 10100674943. Membre de la SOFCPRE. Cabinet : 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris.

Dernière mise à jour : juillet 2026.

Dr Nathaniel Stroumza Escoffier, chirurgien plasticien
Article rédigé par l'équipe éditoriale et validé par le Dr Nathaniel Stroumza Escoffier, chirurgien plasticien — RPPS 10100674943
Publié le 23 juillet 2026 · Mis à jour le 23 juillet 2026 · Découvrir le parcours du Dr Stroumza
Sources & référencesHAS · SOFCEP · SFCPRE · PubMed · Ordre des Médecins
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.

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